SERGE FAUCHIER

Notes de travail

Eclats multiples

Tels les fragments d’un brisé dispersé sur une aire sans bords.

Attendre que montent et paraissent les espaces entre chacun d’eux afin qu’ils puissent être perçus et entendus comme éclats.

 

Visible/invisible

Recherche du seuil de visibilité de la peinture :

Celui où elle se donne à reconnaître comme peinture.

Celui où sort de l’invisible la particularité de l’espace qu’elle annonce ; celui où son appréhension devient possible.

 

Les couleurs

Les couleurs, mais aussi les figures qu’elles suscitent, à leurs contours, aux vides qu’elles enserrent et emplissent de leur proximité, aux emboîtements de leurs différences, encore à leurs séparations.

Apparitions suivie de disparition.

Conduites au visible et puis invisibles.

 

Tout ce qui n’était que questions ou hypothèses résiste… pour ouvrir d’autres questions à d’autres hypothèses.

 

 

Aucun appui.

 

Je suis toujours seul et responsable, seul responsable de mes décisions et de mes productions, et nul ne m’imposera de m’engager sur des voies qui ne sont pas les miennes.

Certaines formes sont persistantes et reviennent constamment dans mes peintures. Elles deviennent telles des figures fondatrices autour desquelles s’organise l’essentiel de  mes recherches. Je ne les ai pas cherchées, elles sont apparues au travers de mes réalisations pour progressivement en constituer, en quelque sorte, l’ossature à laquelle les couleurs donneront chair.

 

Mon mouvement est lent, il trace la sismographie de mes traversées et passages, de mes engagements, engouements, et les détournements qui les accompagnent.

Ce que je peins est fait de lenteur et de fulgurances soudaines, d’accélérations mais aussi de retours et de répétition. La rigueur dont j’essaie de faire preuve est souvent perturbée par des arrivées aléatoires dont je dois tenir compte sans pouvoir en canaliser les effets turbulents.

 

 

« J’ai voulu parler un langage égal à zéro, un langage qui soit l’équivalent de rien, un langage qui retourne au silence. Je ne parle pas du néant, qui me semble parfois un prétexte pour ajouter au discours un chapitre spécialisé, mais de la suppression de ce que le langage ajoute au monde. Je sens que cette suppression, sous une forme rigoureuse est impraticable…»

                                                                                                          Georges Bataille