Notes (3)

 

 

 

Redécouvrant certaines de mes peintures des années 70, je suis aujourd’hui surpris par leur proximité avec mes productions actuelles ; la fluidité de leurs couleurs, imputables à leur adaptation au support de toile crue, renforce les rapprochements.

 

Rétrospectivement, ce rapport me conduit à réfléchir sur les divers moments de mon travail et la façon dont ils se sont enchaînés ; les recouvrements, superpositions, ouvertures au blanc/écru, mises en jeu des espacements, persistent au long des décennies et apparaissent comme des constances progressivement affirmées.

 

Dans tous les cas, au-delà de tous sujets ou motifs, il s’agissait, comme aujourd’hui, de faire « quelque chose » de la toile et des couleurs avec des moyens réduits, dans la prise en compte et le respect de leurs propriétés spécifiques.

 

 

 

Les vastes toiles entreprises récemment (tracés obliques tendant à la figure triangulaire dans le bas du support et dégagement du blanc), avec leur économie des moyens, affirment et renforcent ces orientations.

 

Qui pensera que leur apparente simplicité demande peu d’implication, se trompera largement.

 

Nulle erreur, aucune faute d’appréciation ne sont permises, ces peintures exigent une concentration et impliquent une tension sans pareilles dans le cours de mon travail tout en déplaçant sensiblement ses options.

 

Ce sont moins des peintures d’action (étirement ou fractures des lignes) que des œuvres posées et silencieuses tournées vers une activation de la réserve (et celle-ci n’est pas rien que du non peint), afin d’appeler une durée, celle de découverte toujours nouvelle de l’étendue et, en retour, une certaine forme de contemplation.

 

 

 

Comment en suis-je arrivé là ?

 

JE peins en se détachant de toutes pesanteurs… comme à son insu.

 

 

 

 

 

Octobre 2017